Indignés…et après ?

Posté le 6 juin 2011 · 2 Commentaires ·

Indignés…la voie de la 6ème République et de l’Union Européenne Pour la Planète.
L’augmentation de la dette publique des États européens ainsi que le démantèlement systématique (et prochainement  l’arrêt) de leurs services publics procède d’un mécanisme bien huilé pour préparer la gouvernance mondiale. Par la libéralisation débridée et la perte de sens commun, il favorise la précarité grandissante des plus faibles et le développement d’emplois de survie afin de dissuader l’entre-aide collective et la solidarité.
Face à cette violence sociale, à la corruption généralisée et à l’emprise croissante de l’argent sur les activités humaines, une petite partie de la société réagit.
En fait, personne n’est dupe du conditionnement et du formatage idéologique imposé par l’économie capitaliste et de sa conquête néolibérale des États. Cependant, la majorité des citoyens ne sait ou ne veut empêcher réellement une telle dégradation sociale et personne, à vrai dire, ne bouge efficacement !
Alors c’est évident, s’indigner, manifester et pétitionner ne suffit plus.
Le syndicalisme n’est plus écouté ni respecté et les indignés n’ont toujours pas compris que sans action politique structurante pour établir et alimenter l’indispensable contre-feu,  les revendications ne seront pas entendues.
Pourtant le politique à travers le volontarisme peut tout !
L’actualité le démontre tous les jours. Le travail de déconstruction de l’information est prouvé. Toutes les revendications sont rigoureusement filtrées au radar des médias, interprétées de façon à semer incompréhension et discorde pour finalement être dénaturées et même très souvent occultées !
Pourtant des millions de grecs ont à ce jour clamés leur colère !
Pourtant des millions d’italiens en ont marre !
Pourtant des millions de portugais ont carrément ignorés leur récente élection présidentielle!
Pourtant des millions d’anglais et irlandais ne supportent plus et rejettent en bloc l’austérité et les réformes en cours !
Pourtant des millions de français ont manifesté contre l’allongement de durée de leurs inégales retraites.
Ainsi, des dizaines de millions de citoyens européens ont manifesté pour défendre la justice sociale et leur droit de vivre dignement.
Mais ce n’étaient, somme toute, que des manifestants râlant leur mauvaise humeur car cela n’a pas changé d’un iota les politiques  parlementaires et gouvernementales !
Et toujours rien!
Seuls les islandais ont réussi tout récemment à révolutionner  le paysage politique en dégageant leur dette et en constituant une assemblée populaire et souveraine pour changer leur démocratie et fonctionnement gouvernemental. Mais de cela, bien sûr, on n’en parle officiellement que très peu !
Maintenant,  voilà que nos voisins espagnols s’y mettent eux-aussi. Les indignados investissent et occupent la Puerta Del Sol de leur capitale Madrid et crient à leur tour, au monde entier, leurs désirs de changement.
Partout en Europe, les aspirations sociales sont donc de plus en plus légitimes.  Les citoyens  bougent mais cela suffit-il ?
Le problème, c’est que tous ces mouvements citoyens inspirés vraisemblablement par l’essai à succès de Stéphane Hessel « Indignez-vous ! »  se disent apolitiques.
C’est une erreur parce qu’en fait, pour se rassembler, s’organiser et se structurer, tout mouvement doit être politique !
Camper sur la place publique et s’indigner d’un clic de souris par l’intermédiaire des réseaux sociaux (sous surveillance) d’internet ne suffit pas car le risque de manipulation (soft power) puis d’essoufflement est alors garanti. Transformer l’essai relève aujourd’hui d’une prise de conscience supérieure. La prochaine étape doit être d’abord et dans l’ordre, politique, européenne et planétaire.
Pour que le Marché dégage, il faut une mutation politique !
C’est à cette condition que nous arriverons de nouveau à saisir le réel pour le rationaliser.
Même si les acteurs principaux, par frilosité, s’en défendent, cette mutation est nécessaire.
Alors, à quand  les unions  espagnole, grecque, portugaise, italienne, anglaise, irlandaise, islandaise, allemande, française, etc… pour la planète ?
Bref, à quand l’Union Européenne Pour la Planète (UEPP) ?
Le rassemblement international des indignados prévu le 15 octobre 2011 saura-t-il aboutir à une telle conclusion ?
Pour être dignes d’un tel mouvement, les indignés, à l’instar de la tragédie nucléaire de Fukushima, doivent entrer en fusion et lever haut le poing d’esclame-action !
Quant à la France, elle peut passer assurément à la 6ème République grâce à l’horizontalité du pouvoir qu’impulsent la Charte et les Principes Fondamentaux de l’Union Planétaire.
Encore faut-il le vouloir !
Y.B.

Traduction du Manifeste des indignados !

Nous sommes des gens ordinaires.
Nous sommes des gens ordinaires. Nous sommes comme vous : des gens qui nous levons chaque matin pour étudier, travailler ou trouver un emploi, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui travaillent dur pour procurer un avenir meilleur à ceux qui les entourent.
Certains parmi nous se considèrent progressistes, d’autres conservateurs. Certains parmi nous sont croyants, d’autres non. Certains parmi nous ont des idéologies bien définies, d’autres sont apolitiques, mais nous sommes tous inquiets et en colère au sujet du paysage politique, économique et social que nous voyons autour de nous : corruption parmi les politiciens, les hommes d’affaires et les banquiers qui nous laissent sans recours et sans voix.
Cette situation est devenue la norme, une souffrance quotidienne, sans espoir. Mais si nous assemblons nos forces, nous pouvons la changer. Il est temps de changer les choses, temps de construire ensemble une meilleure société. C’est pourquoi nous affirmons fortement que les priorités de toute société avancée doivent être le progrès, la solidarité, la liberté de la culture, la durabilité et le développement, le bien-être et le bonheur des peuples.
Voici des vérités inaliénables auxquelles nous devrions nous attacher dans notre société :
•    le droit au logement,
•    au travail,
•    à la culture,
•    à la santé,
•    à l’éducation,
•    à la participation à la vie politique,
•    à la liberté du développement personnel,
•    les droits des consommateurs pour une vie heureuse et en bonne santé.
L’état actuel de notre gouvernement et de notre système économique ne se soucie pas de ces droits, et de beaucoup de façons, s’oppose au progrès humain.
La démocratie appartient au peuple
La démocratie appartient au peuple (demos = peuple, kratos = force), cela signifie que le gouvernement est composé par chacun de nous.
Toutefois, en Espagne, la majorité de la classe politique ne nous écoute même pas. Les politiciens devraient porter notre voix aux institutions, permettre la participation des citoyens à la politique par des canaux directs qui apportent les plus grands bénéfices à l’ensemble de la société et non pas s’enrichir et prospérer à nos dépens, à l’écoute exclusive de la dictature des principales puissances économiques, ni les maintenir au pouvoir dans un bipartisme conduit par les acronymes inamovibles PP & PSOE [le parti Populaire et le parti Socialiste, ndlr].
L’appétit de puissance et d’accumulation de quelques-uns crée les inégalités, les tensions et les injustices, lesquelles conduisent à la violence, que nous rejetons. Le modèle économique anti-naturel et obsolète pousse la machine sociale dans une spirale de croissance qui la consume elle-même, enrichit quelques-uns et plonge les autres dans la pauvreté. Jusqu’à l’effondrement.
L’intention et l’objet du système actuel est l’accumulation d’argent, sans égard pour l’efficacité ni le bien-être de la société. Gaspillage des ressources, destruction de la planète, création de chômage et de consommateurs malheureux.
Je sais qu’ensemble nous pouvons.
Les citoyens sont les rouages d’une machine conçue pour enrichir une minorité qui ne tient pas compte de nos besoins. Nous sommes anonymes, mais sans nous rien de cela n’existerait, parce que nous sommes les moteurs du monde.
Si, en tant que société, nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une économie abstraite, qui ne restitue jamais les bénéfices à la majorité, alors nous pouvons mettre fin aux mauvais traitements dont nous souffrons tous.
Il faut une révolution éthique. Au lieu de placer l’argent au-dessus des êtres humains, nous le remettrons à notre service. Nous sommes des gens, pas des produits. Je ne suis pas le produit de ce que j’achète, pourquoi je l’achète et à qui je l’achète.
Pour tout ce qui précède, je suis indigné. Je pense que je peux le changer. Je pense que je peux aider. Je sais qu’ensemble nous pouvons.
Je pense que je peux aider.
Je sais qu’ensemble nous pouvons.

(Source : rue89.com)

Slogans des indignados:

.Démocratie en travaux

.Pour une vraie démocratie, maintenant !

.Ils ne le savent pas encore, mais on va les dégager

.Nous n’avons pas de maison, nous restons sur la place

.Vous prenez l’argent, nous prenons la rue

.Vous sauvez les banques, vous volez les pauvres

.Nos rêves ne tiennent pas dans vos urnes

.Jamais la voix du peuple ne sera illégale

.Ici c’est le peuple qui commande et le gouvernement qui obéit

.Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir

.Ce que nous vivons, ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie !

.Nous sommes réveillés ! Quelle heure est-il ? L’heure qu’ils s’en aillent

.Ce n’est pas un indice de bonne santé que d’être bien adapté à une société malade

.La rue ne se taira pas

.Que les banquiers paient la crise

.Stoppons le nouvel ordre mondial

.Résistance à la dictature économique

.Nous ne sommes pas sur Facebook, nous sommes dans la rue

.We’re not against the system. The system is against us

.Yes we camp !

.Capitalism ? Game over

.la libertad no es el extremo de nada ( ? )

(Source : http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article596)