Europe – élections européennes 2014

Posté le 20 mai 2014 · Commenter ·

Europe et climat !

Élections en Europe – 2014

Le résultat des élections européennes 2014 doit d’urgence faire émerger une action politique commune des États membres visant à faire face, sérieusement, au changement climatique !

En effet, le caractère exceptionnel du réchauffement climatique est sa vitesse. Sa rapidité à l’échéance de quelques décennies menace la biosphère dans son intégralité.

L’objectif est donc politique et l’Europe doit rester sur la ligne de front en engageant cette fois-ci tous les pays de la planète. L'ère planetaire

Une telle action ne serait pas anodine car son but serait global et non pas l’actuelle et insuffisante « indépendance énergétique » assurée à certains et refusée à d’autres.

Des citoyens européens de plus en plus nombreux demandent cet engagement politique. Ils veulent que le bon sens et la raison investissent de manière responsable, pacifique et équitable l’hémicycle du parlement européen pour mener définitivement une politique responsable sur le climat et l’énergie. Ils veulent une feuille de route claire pour réaliser la transition énergétique absolument nécessaire permettant, d’ici 2050, de réduire très fortement la consommation d’énergie fossile. 30 à 70% de réduction, voilà l’objectif à tenir pour arriver au niveau d’émission de gaz à effet de serre souhaitable !

Désormais, l’orientation politique européenne doit prendre ce chemin. Elle doit incarner l’innovation qu’est la pensée planétaire pour changer l’économie et la mettre au service du bon sens, d’une logique globale, juste, équilibrée, protectrice de la vie et durable.

Aujourd’hui, réduire la consommation d’énergie en Europe et sur toute la surface de la Terre est devenu prioritaire !

« La probabilité d’impacts graves étendus et irréversibles s’accroit avec l’intensification du réchauffement climatique » à avertit le GIEC. Sécheresse, inondations et érosion, diminution des ressources en eau, insécurité alimentaire, migration de populations, problèmes humanitaires et sanitaires, hausse de l’acidification de l’atmosphère et des océans et destruction des écosystèmes sont d’ici la fin du 21ème siècle, notre ligne d’horizon. Ceci nous entraine de manière accélérée vers l’extinction de nombreuses espèces terrestres et marines. Le tout dans un climat prévisible de violences, de pauvreté accrue et de chocs économiques à répétitions.

Alors, au regard d’un tel avertissement, le discours de la troïka européenne sur la croissance économique qu’il faudrait maintenir coûte que coûte semble un tantinet suranné ! Au contraire, il faudrait que les futurs parlementaires se retroussent les manches et se donnent la main pour fixer solidement le cadre international permettant de taxer le carbone afin d’investir efficacement dans les nouvelles technologies de transition énergétique. Attirer, capter et utiliser la richesse existante pour financer massivement cette transition tout en supprimant les inégalités sociales serait, à l’échelle européenne une véritable révolution !

Ce serait la belle démonstration que l’être humain, ce mammifère doué de la capacité d’entre-aide vis-à-vis de ses semblables, peut y parvenir. Cette entre-aide qu’il est aujourd’hui en devoir et mesure d’exercer est la base même du principe de décimation et de sélection des espèces. Il lui suffit de réveiller en lui cette capacité de survie.

Pour ce faire, les parlementaires auront à se libérer courageusement des contraintes financières imposées par le libéralisme mondialisé. Ne plus obéir aux lois et règles de l’argent roi est le cap à franchir. « Soyez résolu de ne plus servir et vous voilà libre » écrivait E. De La Boétie. Mesdames et messieurs les futurs députés il est encore temps !

De 1973 à nos jours, l’Europe a été confisquée par le libéralisme et asservie par le principe d’emprunts contre intérêts au réseau international des banques privées. Gaz et pétrole, les mamelles de l'argent ! (voltairenet.org)

Telle une tumeur cancéreuse, l’endettement s’est alors introduit au cœur des États pour atteindre le niveau catastrophique que l’on sait. Tournant sous la main des grands argentiers de la planète, la fontaine pétrolière et gazière a alors alimenté en continu l’économie mondiale tout en soutenant la croissance d’une dette artificiellement créée et fixée par des taux d’intérêts inacceptables.

Les conséquences pourtant visibles sur l’environnement et le climat ont été glissées sous le tapis et les discours d’intention n’ont absolument pas changés le modèle énergétique qui « pollue, empoisonne et accentue l’injustice sociale ». Les milliards ont donc valsés étouffant ainsi la prise de conscience relative à l’écologie politique naissante reportée pour le coup aux calendes grecques ! Ce système a asservit, empoisonné et épuisé progressivement les populations (pas seulement européennes) pour le plus grand profit d’une élite qui imposait une marge de manœuvre réduite et une rémunération de plus en plus contraignante au plus grand nombre !

Et durant tout ce temps, la Terre se craquèle, le CO2, le gaz de schiste et le méthane s’échappent, l’atmosphère se réchauffe, tandis que les poches se remplissent d’argent illusoire et de mort…

En 2014, l’humanité à l’occasion de reprendre son destin en main malgré l’hétérogénéité de la géographie des pays et des populations. Le temps est venu que l’entraide nécessaire des citoyens européens, ces futurs citoyens planétaires, devienne le projet commun d’universalité d’une société future apte à faire face le plus vite possible au dérèglement climatique.

L’Europe peut s’engager sur ce chemin et devenir, dans cette nuit libérale irresponsable, aveugle et barbare, le phare politique guidant les autres peuples de la Terre.

Un tel choix peut stopper l’effondrement de notre civilisation occidentale en lui donnant une nouvelle volonté, une nouvelle spiritualité réaliste et audacieuse. Force sera alors rendue au bon sens citoyen pour un retour à la raison et une adaptation rapide et coordonnée au changement climatique.

La situation est donc alarmante et le défi immense car seule la renégociation du traité européen (sous tutelle des lobbies) libérera les citoyens du joug d’une économie reposant essentiellement sur l’exploitation des énergies de stock (gaz, pétrole, charbon). La transition énergétique portée par des obligations environnementales devenues incontournables est à ce prix.

Cependant, le choix va être difficile à tenir car l’espoir d’une vie meilleure à dans les faits tragiquement reculé. Le processus actuel d’accélération de l’ouverture des marchés a exacerbé le patriotisme économique car l’espace monétaire européen demeure sous perfusion continue de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui y injecte de l’euro virtuel par milliards. Dans cette situation de crise systémique, la reprise invisible est tristement expérimentée par des citoyens qui constatent que leur niveau de vie ne cesse de baisser. L’échec est devenu flagrant et la décroissance subie happe dans son tourbillon les bonnes intentions tout en ravivant l’individualisme et l’injustice sociale.

A quoi cela sert-il alors pour l’électeur français de porter son regard sur le lointain lorsque le quotidien n’apporte que contraintes et déceptions quant aux standards de vie ?

Lorsque l’augmentation des prix du vrai panier de la ménagère, de l’énergie et la hausse du chômage révèlent des tensions géopolitiques croissantes dont la finalité porte la guerre dans des contrées éloignées pour l’accaparation de ressources naturelles qui ne cessent de se raréfier au fur et à mesure de leur exploitation ?

Lorsque le PIB, le fameux indicateur économique, ne mesure plus ce pourquoi la vie mérite d’être vécue par les citoyens mais accompagne cyniquement le déficit qui nourrit les fortunes placées en bourse ?

Lorsque la publication INSEE du 13 mai 2014 annonce une croissance nulle ?

Lorsqu’en France les cessations de paiement ont augmenté de 3,4% au premier trimestre 2014 ?

Lorsque des plans d’austérité « coordonnés » s’abattent un peu partout en Europe confirmant la crise de confiance citoyenne envers un espace économique en proie à la récession généralisée ?

Lorsque les populations européennes de la Grèce, d’Irlande, du Portugal et de l’Espagne sont, sans états d’âmes, mises à genoux ?

Lorsque l’impulsion publique et citoyenne pour préserver le bien commun semble illusoire ?

Mais justement, c’est parce que l’Europe actuelle n’est pas celle à laquelle une majorité de citoyens aspiraient qu’il faut réagir et se libérer de cette impression d’irrésistible fatalité, de cette soumission !

Les eurobéats (aux poches pleines) qui croient encore tout contrôler doivent désormais faire amende honorable et tenir compte de la grogne des eurosceptiques accentuée par la colère des europhobes.

Ces derniers dénoncent durement l’échec de la majorité des États membres. Ils les accusent de ne pas avoir mis en commun leurs richesses et potentialités. D’avoir favorisé la compétition en leur sein, ceci entrainant des hausses d’impôts, de TVA, de prix, alors que dans le même temps étaient appliquées des baisses de salaires, de retraites, d’aides sociales ainsi que de drastiques coupes budgétaires sur fond de plans de licenciements, de chômage renforcé et de croissance moribonde.

Par ailleurs, c’est aussi parce que l’identité européenne est, après près de 40 ans, sous la surveillance numérique continue des miradors bancaires du Marché et que les barbelés des classes sociales ont été déployés qu’il faut aussi réagir ! Le repli identitaire des populations du continent derrière les rideaux de fer des conservatismes et des religions serait dramatique ! Esperanto à l'école ! (source esperanto-sat.info)

À ce propos, pour redonner sens à l’identité politique européenne il suffit de faire tomber la barrière des langues en encourageant la pratique et l’identification à la langue commune européenne et universelle qu’est l’Espéranto. Avec l’Espéranto enseigné dans toutes les écoles primaires de l’Union Européenne, la révolution de la communication planétaire serait en marche.

Il ne resterait alors plus qu’à s’engager pas à pas et solidairement sur ce Chemin de l’Europe.

Il faut maintenant reprendre le destin européen en main et remettre le citoyen au cœur de l’action !

Il faut redonner dignité aux populations, un avenir acceptable aux jeunes et la force aux générations futures de vivre dans un environnement planétaire d’ores et déjà impacté par le changement climatique.

Le 25 mai 2014, une partie des 751 députés européens sera à élire. La procédure parlementaire existante aujourd’hui ne permet pas la transformation de la société et le développement d’une politique commune aboutissant à un tel projet. On ne peut cependant unifier que dans le partage de cette idée stratégique. Le nouveau Parlement devra donc prendre l’initiative et piloter la politique des 28 États membres via la nomination (sans tirage au sort !) du futur porte-parole du Conseil européen.

Tous ces gens sont issus d’un système démocratique électif ne comptabilisant toujours pas les suffrages exprimés par le vote blanc et dit représentatif. Sauront-ils exiger que l’union bancaire récemment crée cesse de servir une hypothétique croissance pour ne porter son attention que sur la cohésion et la solidarité sociale ? Sauront-ils imposer l’égalité fiscale ? Sauront-ils être unanimes dans la lutte à mener contre le changement climatique ? Sauront-ils être à la hauteur ?

« L’humanité est comparable à une famille qui consommerait toute les provisions, limitées, d’un garde-manger et jetterait les inévitables détritus dans une poubelle, en l’occurrence l’espace alentour » écrivait Nicholas Georgescu-Roegen qui portait la réflexion sur le principe de décroissance. Nous y sommes !

On peut filer la métaphore à l’échelle de l’Europe : une société responsable et consciente de ses excès ménage et protège son environnement.

Pour faire face au changement climatique, des décisions historiques doivent être prises.

Il nous faut penser simultanément écologie et économie en donnant prééminence si possible au logos, le bon sens ! L’écologonomie en somme. Et à l’échelle collective, une Europe promouvant l’écologonomie ne peut-être qu’exemplaire.

À ce titre, il n’y a plus d’obsolescence programmée, plus de « prime à la casse » pour relancer l’appétit d’ogre de la croissance, plus de gaspillage, plus de pollution, plus d’adoration aux valeurs illusoires de l’argent et du profit, plus de pauvreté, plus de guerres…

L’intelligence se focalise alors essentiellement sur la mutualisation de moyens de production propres, à taille humaine et au bilan carbone tendant vers le zéro afin de rejeter le moins possible de CO2 dans l’atmosphère. co2_cloud_istock

L’Europe peut y parvenir, elle doit devenir le fer de lance de l’écologonomie. Elle doit mettre en place une organisation de vie pour une société communautaire qui aura compris que face au changement climatique, l’exploitation et la consommation démesurée de toutes les énergies fossiles possibles nous précipitent vers l’abîme.

Le désir de croissance infinie n’est plus possible car cette expansion animée par la pulsion de mort précipite la vie et sa durée dans la collision.

On ne peut sortir de la crise et rétablir confiance et espérance qu’en empruntant une voie nouvelle. C’est cela le Chemin de l’Europe.

Ce chemin ne doit pas mener à l’enfer climatique, il doit prendre la direction de l’espoir et la volonté d’union planétaire future de tous les citoyens !

Le temps est venu de refonder une démocratie vivante et participative… il faut choisir !

Y.B.