INFO SANTÉ | Octobre Rose : le dépistage du cancer du sein, un enjeu d’accès aux soins

Oct 5, 2026 | Info santé

Chaque année, Octobre Rose remet la prévention et le dépistage du cancer du sein au cœur de l’actualité. Mais au-delà de la sensibilisation, les derniers chiffres publiés en 2026 soulèvent une question essentielle : toutes les femmes accèdent-elles réellement au dépistage ?

En France, le programme national de dépistage organisé du cancer du sein s’adresse aux femmes âgées de 50 à 74 ans. Tous les deux ans, elles sont invitées à réaliser un examen clinique des seins et une mammographie de dépistage.

Pourtant, malgré ce dispositif, la participation reste insuffisante.

Une participation au dépistage qui reste trop faible

Selon les dernières données publiées par Santé publique France en juillet 2026, 4,9 millions de femmes ont participé au dépistage organisé en 2024-2025, sur une population cible estimée à 10,8 millions.

Le taux de participation atteint ainsi 45,7 % sur la période 2024-2025, contre 46,6 % en 2022-2023.

Pour la seule année 2025, il s’établit à 47,5 %. La tendance à la baisse observée depuis le milieu des années 2010 se poursuit donc.

Ces chiffres rappellent que sensibiliser au dépistage ne suffit pas : encore faut-il que celui-ci soit connu, compris et réellement accessible.

Le dépistage organisé : quels sont vos droits ?

Pour les femmes concernées, le programme de dépistage organisé prévoit une mammographie tous les deux ans.

L’examen comprend notamment un examen clinique réalisé par le radiologue et une mammographie. Lorsque celle-ci est considérée comme normale lors de la première lecture, elle bénéficie également d’une seconde lecture systématique par un autre radiologue.

Dans le cadre du programme organisé, l’examen est réalisé sans avance de frais.

Ce dispositif vise ainsi à proposer les mêmes garanties de qualité aux femmes concernées, quel que soit leur lieu de résidence.

Mais des difficultés d’accès persistent

Derrière les chiffres de participation se cachent des réalités très différentes.

Santé publique France souligne notamment que des difficultés d’accès à la mammographie, potentiellement liées à la diminution de l’offre en sénologie, sont régulièrement signalées par les acteurs locaux.

Les taux de participation varient également selon les territoires.

Cela pose une question plus large : comment permettre à chacune d’accéder effectivement à la prévention et au dépistage ?

Distance avec un centre de radiologie, délais pour obtenir un rendez-vous, disponibilité des professionnels, compréhension du dispositif, situation sociale ou personnelle… Les freins peuvent être multiples.

Informer, mais aussi écouter les personnes concernées

À l’UFPP, cette question fait particulièrement écho à notre vision du partenariat patient.

Améliorer la prévention ne consiste pas uniquement à transmettre une information. Cela suppose également de comprendre les raisons pour lesquelles certaines personnes ne participent pas au dépistage, d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et de construire des réponses adaptées.

La parole et l’expérience des patients ont donc toute leur place dans la réflexion autour des politiques de prévention.

Patients partenaires, associations, professionnels de santé et institutions peuvent contribuer ensemble à identifier les freins, améliorer l’information et imaginer des parcours davantage adaptés aux réalités vécues.

Octobre Rose : au-delà du ruban rose

Octobre Rose reste un temps essentiel de sensibilisation au cancer du sein. Mais cette mobilisation est aussi l’occasion de rappeler que la prévention doit pouvoir être accessible à toutes.

Informer sur le dépistage, faire connaître les droits, identifier les obstacles et écouter l’expérience des personnes concernées sont autant de leviers pour permettre à chacune de prendre des décisions éclairées concernant sa santé.

Parce que derrière les chiffres du dépistage se trouvent avant tout des personnes, leurs parcours, leurs contraintes et leurs choix.