« Patient partenaire, JE VALIDE ! » : Mimouna BERTAL-GHORA

Juin 25, 2026 | Patient Partenaire, UFPP

Je m’appelle Mimouna BERTAL-GHORA, j’ai 41 ans et je vis à Brive-la-Gaillarde. Infirmière de cœur, je suis actuellement cadre de santé d’une unité et d’une équipe mobile de soins palliatifs. Auparavant j’ai occupé le poste de cadre de santé formatrice à l’IFAS de Brive. Mon parcours est jalonné d’expériences humaines fortes, notamment à travers mes spécialisations en oncologie et en soins palliatifs, ainsi que des fonctions de direction des soins à l’international.

Ma conviction profonde ? Le soin ne s’impose pas aux patients et aidants mais il se co-construit. L’accompagnement des patients et des aidants, le respect de leur vécu et de leur autonomie sont les véritables moteurs de ma vision de la santé.

Pour moi, le patient partenaire incarne un acteur indispensable d’une formation soignante réussie, il a également toute sa place au sein des parcours de soins complexes. Il apporte cette « science du vécu », ce savoir expérientiel irremplaçable que nous ne pouvons pas codifier dans les manuels. Il permet de guider nos étudiants de l’empathie théorisée vers la compréhension réelle.

Cette fonction a pris tout son sens récemment à travers deux étapes marquantes.

D’abord, la co-construction d’ateliers de simulation immersive en soins relationnels à l’IFAS (menés avec le collectif Co’Rézilience). L’enquête d’impact que j’ai menée auprès de nos élèves aides-soignants a validé scientifiquement la démarche : près de 89 % d’entre eux ont jugé la présence du patient partenaire exceptionnellement enrichissante et authentique. Leurs retours ont conforté l’impact de cette démarche co-constructive en soulignant que ce bain de réalité redonne tout son sens au « vrai » soin.

De cette première expérience, en a découlé la co-construction de notre colloque en décembre 2025 intitulé « le patient partenaire au cœur de l’évolution des pratiques ». de la co-construction complète, aux choix des intervenants, j’ai eu le privilège d’y croiser les regards en co-animant la table ronde sur « Le patient partenaire et la simulation » aux côtés de Magali Menant, patient partenaire du collectif Co’Rézilience, mais aussi en modérant les échanges sur la place du patient dans les structures de soins. Travailler d’égal à égal a prouvé que la voix du patient n’est pas un simple témoignage, mais une expertise décisionnelle et pédagogique à part entière.

Je l’imagine totalement ancrée dans les mœurs et institutionnalisée. Demain, la présence d’un patient partenaire au sein des instituts de formation (IFSI/IFAS), mais aussi dans les comités d’éthique ou les commissions de soins hospitalières, ne doit plus être une heureuse initiative, mais un standard de qualité obligatoire. J’espère que nous généraliserons leur intégration dès l’ingénierie des scénarios pédagogiques (sur la douleur ou la fin de vie) ainsi qu’au cœur des parcours de soins complexes pour bâtir un système de santé plus juste, plus éthique, et profondément ancré dans la réalité de ceux que nous soignons.